LA FRANCE DE L'AN MIL

 

Une hiérarchie établie

 

L’émergence d’une nouvelle dynastie

La dislocation de l’empire de Charlemagne, les guerres et les invasions ont favorisé l’émergence de puissants seigneurs à la tête de grands domaines. La nation qu’il avait créée est devenue un ensemble de régions dirigées par des ducs ou comtes, vassaux du roi des Francs par l’hommage, mais indépendants par leur puissance et leur influence.

Lorsque le roi Louis V meurt sans héritier direct, Hugues Capet, comte de Paris, de Senlis, d’Orléans et de Dreux joue de ses relations avec le puissant prélat Adalbéron et se fait élire roi des Francs par une assemblée de seigneurs en 987. Il fait sacrer son fils dans la foulée, créant ainsi une monarchie héréditaire afin d’assurer la continuité du royaume. Mais le roi n’est qu’un seigneur parmi les autres, bien moins puissants que certains, et son domaine ne couvre qu’une région allant de Paris à Orléans. Il tient son pouvoir de l’appui de l’église, de son puissant oncle l’empereur germain Othon 1er, et de son rôle de justicier des conflits entre les grands du royaume. Son fils Robert II le Pieux lui succède en 996.

 

Le roi des Francs

Robert II le Pieux nait à Orléans en 970, fils d’Hugues Capet et d’Adélaïde d’Aquitaine. Il épouse Suzanne, fille de l'ex roi d'Italie de 35 ans son aînée, veuve du comte Arnoud II de Flandre, elle apporte en dot Montreuil-sur-Mer ce qui va permet au capétien d'avoir une fenêtre sur la manche. Il la répudie 4 ans. En 993-996, il s’empare de Tours et fait la guerre à Eudes par amour pour Berthe, la fille du duc de Bourgogne Conrad, et petite fille du Carolingien Louis IV.

Robert II est le premier roi thaumaturge, il est le premier Capétien à toucher les maladies, et à partir de son règne tous les rois passent pour avoir le don de guérir les "écrouelles" (maladie de peau due à la sous nutrition). Il épouse Berthe d’Anjou en 996, et le 24 octobre de la même année, il succède a son père Hugues Ier Capet comme roi des Francs. En 1002 son oncle Henri duc de Bourgogne meurt sans héritier, il désigne son beau fils Otte-Guillaume comme héritier, mais Robert ne l’entend pas ainsi et entreprend une conquête de la Bourgogne qui va durer 12 ans. Il épouse Constance de Provence en 1003. En 1017 Suivant l'exemple de son père, Robert associe au trône son fils aîné Hugues. Les grands, font la grimace : ils sont frustrés de leur droit d'élection. A chacune des fêtes religieuse, Robert se retire seul dans un monastère pour la célébrer plus pieusement, chantant avec les moines et s’habillant d’une chape noire, ce qui lui vaut son surnom de “pieux”.

 

La société divisée en trois ordres

La société est une institution d’inspiration divine, elle est donc naturelle et immuable. Elle est fondée sur la distinction en trois ordres qui tous ont leur rôle. Les bellatores, qui combattent et dont font parti les princes, seigneurs et chevaliers. Les oratores, qui prient et qui sont les hommes d’église. Et les laboratores, ceux qui travaillent.

Mais en réalité chaque classe présente une grande diversité de conditions, l’évêque n’a pas le même pouvoir qu’un curé de campagne, et un riche suzerain n’a pas la même influence qu’un chevalier sans terre. Pour faire face aux dangers, les faibles se mettent sous la protection des puissants et s’endettent en conséquence en impots et devoirs. En échange, le suzerain attribut une terre ou une charte pour que le vassal puisse travailler et gagner de l’argent. Ainsi, toute une chaine se met en place jusqu’au plus haut sommet de la royauté.

La plus grande partie de la population est la paysannerie. On distingue les serfs qui sont assujetis au pouvoir du seigneur sur ses terres, ne payent pas les redevences, mais ne peuvent se marier sans leur consentement, n’héritaient pas et ne pouvaient pas quitter le domaine. Les vilains, aussi appelés alleutiers, sont libres mais doivent payer l’impot au seigneur. Ces derniers peuvent se marier sans restriction, témoigner dans un tribunal et transmettre leurs biens à leur descendence. Leur maison est sommaire, en pierre ou torchis avec un toit de chaume, peu isolée. Leur vie est rythmée par le calendrier agricole, le soleil et les son des cloches qui annoncent les différents événements. Seul le dimanche est chaumé et consacré à la vie sociale et religieuse. L’espérance de vie est de 40 ans. Les artisans et les commerçants constituent l’autre partie de la popualtion, c’est une caste assez pauvre au départ mais qui s’enrichie rapidement avec l’essor démographique et le commerce et qui va devenir la bourgeoisie au fil du temps.

On distingue le bas clergé avec les curés et les moines dont les hommes sont souvent issus du monde paysan ou de la bourgeoisie, et le haut clergé avec les évêques et les cardinaux dont les hommes sont issus de la noblesse. Le clergé détient le pouvoir spirituel, lequel est réglementé par le droit Canon qui a force de loi. Ses membres ne peuvent être jugés que par le tribunal ecclésiastique.

L’an mil marque la transition entre l’organisation aristocratique centralisée carolingienne, et la noblesse féodale décentralisée capétienne, dont Robert II n’est que le second. L’organisation familiale horizontale fait place à la préférence verticale par le droit d’ainesse, les seigneurs deviennent plus puissants et indépendants, il s’installe alors un culte du patronyme d’où naissent les armoiries et les luttes de pouvoirs grace aux mariages d’intérêts.

La démographie française stagne à environ 8 millions d’habitants depuis Charlemagne, et elle a même régressée puisqu’elle était estimée à 12 millions à la fin de la période gallo-romaine. Elle est estimée à 16 millions vers 1250, c'est-à-dire qu’elle a doublé en à peine 300 ans, ce qui est énorme. En l’an mil, on peut donc estimer qu’elle se situe autour de 10 millions.

 

Hiérarchie nobiliaire

Les titres deviennent de plus en plus héréditaires depuis l’accession au pouvoir des capétiens. Jusque là, et encore maintenant, c’est la fonction qui donnait à l’homme le titre. Celui qui gère une ville par exemple est par nature le comte. Le roi pouvait également attribuer le titre et la fonction de vicomte à quelqu’un sans pour autant qu’il ne soit subordonné à un comte.

Le seigneur ; duc, comte ou marquis, est en charge d’administrer le domaine en tant que suzerain. Le titre de duc est réservé à la famille royale et celui de marquis est réservé à ceux dont le territoire est situé sur les marches, c’est à dire proche d’une frontière du royaume.

Les vassaux ; vicomte, ou chatelain, sont en charge d’administrer des villes secondaires ou des paroisses. Les villes principales peuvent être administrées par un comte lorsque le domaine est érigé en duché et qu’il est très grand.

Un prévot est un agent chargé d’une mission territoriale de police, de justice ou d’administration. Il s’applique à toute personne placée à la tête d’une branche de service public. Afin d’éviter les abus et lorsqu’ils sont nombreux les prévots sont souvent placés sous l’autorité d’un bailli, puis parfois d’un sénéchal. Le prévot royal exerce la fonction la plus basse des juges royaux, le prévot des maréchaux est un officier de police militaire et juge en dernier ressort les crimes commis par les vagabonds et les gens de guerre. Le prévot des marchands gère les mesures de céréales, les crieurs, les jaugeurs et les taverniers.

Le chevalier est un noble de souche ou anobli par sa fonction. C’est avant tout un homme d’armes, son équipement est très couteux, et s’il rend hommage à un suzerain c’est souvent pour que celui-ci l’aide à le lui payer.

L’écuyer est chargé de porter les armes et l’écu du chevalier, de veiller sur sa monture, de le servir à table, etc. Il est alors comme faisant parti de la domesticité du seigneur.

 

L’église, guide moral et politique

La civilisation médiévale offre une unité rarement atteinte par une société grace à l’église, qui rythme la conduite des hommes, les institutions et la culture. En plus de sa fonction liturgique, elle est celle qui instruit et qui juge certaines affaires, comme le mariage et les testaments. Elle se fait fort de diffuser ses valeurs à travers ses institutions et des pèlerinages. Le culte des saints, la vénération des reliques et les pèlerinages, sont autant de modèles à suivre pour les chrétiens. En outre, le passage du millénaire ne s’est pas faite sans qu’il n’ai eu lieu cette croyance de fin du monde, mais l’église a parfaitement su jouer son rôle en brandissant d’authentiques écrits et la société s’en est remise à elle.

Les ermites sont de plus en plus nombreux, les moines sont des martyrs car leur idéal est d’atteindre la même vie que Jésus. Selon les règles de St Benoît, chaque monastère est dirigé par un abbé élu par les moines, l’équilibre entre travail et méditation doit se faire, ainsi que le silence, la lecture de textes, etc.

L’église tente également de discipliner la violence des puissants. En 989, l’anathème est lancé contre ceux qui dépouillent les biens de l’église et les pauvres paysans, puis plus tard au concile du Puy en Velay, contre ceux qui les opprimeront simplement. Elle instaure la « paix de dieu », un droit d’asile qui permet à tout individu se réfugiant dans une église, ou d’en saisir l’anneau, de bénéficier de sa protection. La « trève de dieu », interdit les guerres pendant les temps forts religieux. C’est pour maintenir ces principes que la chevalerie nait au cours du 10ème siècle.

 

 

 

Organisation de la société

 

Langues parlées

Le français n’existe pas encore, comme la nation France qui n’apparaît qu’en 1119 lorsque Louis VI se proclame pour la première fois roi de France, et non roi des Francs. Jusque là, les domaines sont relativement indépendants, et ce sont les dialectes locaux qui font la langue.

L’alphabet runique a laissé sa place à l’alphabet latin depuis Charlemagne. Le latin fut la langue officielle par la littréature et la lithurgie et reste la langue des savants, mais le dialecte dérive vers une nouvelle façon de parler qui tend vers le français, appelé le roman. La langue romane prend différentes formes selon les régions et donne trois genres, qui sont la Langue d’Oc au sud du royaume, le Franco-provençal dans les Alpes, et la Langue d’Oïl allant du Berry aux flandres. Le dialecte parlé dans le bassin parisien et l’orléanais est le francien.

 

L’indépendance des seigneurs

Depuis le traité de Verdun en 843 le pouvoir royal s’est considérablement affaibli. Les maires de palais, les comtes et leurs vassaux revendiquent de plus en plus l’honneur et l’intérêt de conserver leur charge à vie. Un processus accentué par les dernières grandes invasions, dont les capétiens avaient su tirer parti en remportant l’élection souveraine.

Le seigneur rempli à lui seul le rôle de Justice et de police militaire de son domaine, il perçoit donc en conséquence les impôts dont il a besoin pour assumer sa tache. Contrairement à la croyance populaire actuelle, tous ne sont pas sanguinaires et enclins à brutaliser les pauvres paysans. Un seigneur est avant tout un administrateur, entouré d’officiers ; sénéchal, chambrier, connétable, prévots…qui a des devoirs envers son suzerain, qu’il se soit mis lui même sous son ban ou qu’il ai été recruté par lui.

Les guerres entre seigneurs sont fréquentes, car elles permettent au vainqueur d’agrandir son fief, y compris le roi qui doit faire de même pour agrandir le domaine royal. Selon le principe d’hommage, des comtés se regroupent entre les mains de seigneurs plus puissants qui prennent le titre de duc ou marquis. A partir de l’an mil, à l’intérieur même des comtés, le pouvoir est accaparé par de simples possesseurs de châteaux, c’est la naissance des châtellenies, indépendantes ou vassales parfois d’un vicomte. Le châtelain exerce le droit et la justice dans le cadre d’une seigneurerie locale, au sein de laquelle il peut percevoir l’impot. Cette appropriation privée définit la féodalité au sens large, autrement dit la dépendance du monde paysan à l'égard des seigneurs de tout rang.

Le domaine royal est constitué des terres sur lesquelles n'a été établie aucune seigneurie féodale et dont tous les hommes libres dépendent directement du roi. Ce sont donc les terres et droits sur lesquelles le roi est également seigneur foncier, comprenant les forêts, les exploitations agricoles, et les droits sur les marchés, les péages et le profit du monnayage. L'ensemble des produits du domaine royal constitue le revenu « ordinaire » du roi.

Le privilège de tout seigneur est de pouvoir rendre la justice et de percevoir l’impot. L’essentiel des revenus viennent de la terre, seule véritable richesse du monde médiéval. Un principe fondamental du droit est que le roi, comme tout seigneur, «vit du sien », c’est à dire de son revenu domanial, celui-ci étant largement compris puisqu’il englobe la monnaie. Mais la succession d’aînesse n’est absolue que pour les grands seigneurs ; ducs et comtes. Les autres doivent payer un droit de succession qu’ils ne peuvent pas toujours honorer. Les seigneurs les plus puissants sont ceux qui peuvent battre monnaie, car il faut être riche pour le faire ; disposer d’une mine ou pouvoir acheter du minerai, faire fabriquer les pièces, créer les conditions pour leur donner de la valeur, les distribuer, etc.

 

Une justice établie qui se cherche

La justice émane d’abord de la législation franque, qui s’appuie sur les us et coutumes locales. Mais les textes bibliques tendent à orienter ses précepts vers une moralisation de la vie quotidienne et du comportement individuel. Le parjure est un crime grave car il trahi la confiance de dieu et ruinait le lien social, comme sa notion reste flou, il était très utilisé par les juges. On y décèle quelques traces de philosophie prodiguée par Aristote et Platon, dont les doctrines ont traversé les siècles.

Du droit romain il ne reste presque rien, hormis le testatament qui fait loi en matière de droit successoral. Les plaidoiries sont quasi inexistantes, le prévot, le bailli ou le seigneur qui préside le tribunal se contente de dire le droit, de prononcer la sentence et de faire vérifier son application.

 

Les villes médiévales

Le château, symbole du seigneur, est souvent construit sur une motte. A la fin du 10ème siècle, la pierre commence à remplacer le bois, un donjon quadrangulaire domine le village qui se développe autour, et la basse-cour est capable d'accueillir les villageois en cas de conflit. Parfois le seigneur promulgue une charte concédant des facilités à ceux qui viennent s’établir autour de lui pour favoriser le développement de la ville et du commerce, parfois ce sont les abbayes qui attirent autour d’eux serfs et colons, désireux de jouir des privilèges de l’église. Les plus grandes villes d’Europe atteignent 100.000 habitants.

Elle est souvent protégée par des remparts, parfois sommaires, qu’il convient d’agrandir pour englober les nouvelles constructions. Les rues sont sinueuses car elles suivent les pentes naturelles, rarement pavées et souvent jonchées de détritus. Les habitations se regroupent autour de bâtiments spécifiques, d’un marché, d’un parc ou d’un édifice religieux, faisant naitre ainsi un quartier. Les rues sont étroites et les maisons à étage ont tendence à surplomber les rues pour gagner de la place. Elles sont en bois et les toitures en chaume, le plus grand danger des villes est donc l’incendie, à un point devenu paranoïaque.

La cité possède son hôtel de ville, son sceau, ses armes, son coffre d’archive, sa trésorerie, et sa cloche. Il y avait parfois plusieurs cloches, une sonnait les heures de travail pour les ouvriers, une convoquait les officiers municipaux, une annonçait les exécutions, etc. Chaque ville est vraiment organisée et administrée selon sa propre personnalité.

 

La vie rurale et commerciale

Les progrès techniques sont énormes en ce début de millénaire, surtout dans l’agriculture. Les routes s’améliorent pour favoriser le transport vers la ville, augmentant le rendement. Pour faire face à la demande, les forêts sont défrichées pour assurer l’alternance des cultures. La mentalité communautaire se remarque dans le fait que les troupeaux sont souvent regroupés dans les prés, il est interdit d’élever des clôtures entre les champs, il n’y a qu’en Bretagne où les champs restent bordés de haies.

Les commerçants dont l’activité dépendait non pas de la terre, mais des échanges commerciaux, se font octroyer des chartes de franchises qui les exemptent de taxes. Ces chartes entraînent la disparition progressive des corvées, du servage et des prestations en nature, qui sont justifiées en domaine rural, mais pas dans les cités. Avec la liberté de mouvement, la nécessité d’assurer la sécurité des transports s’avère primordiale. Pour assurer la « paix urbaine », c’est à dire l’entraide des commerçants et des habitants dans la sécurité de la ville, ils se regroupent au cri de ralliement « commune », ce qui va donner le nom d’aujourd’hui aux cités. Une commune est donc un lieu de vie ou les habitants sont liés par un serment. Mais il n’existe aucune entraide entre les seigneurs et les populations de villes différentes.

Dans les villes l’artisanat se réglemente à travers des corporations de métiers, au sein desquelles les membres ont le monopole de la profession. Ainsi, artisans et commerçants sont protégés contre la concurrence extérieure, et édictent eux-mêmes leur propre réglementation, il n’est donc pas rare de voir certains métiers se regrouper dans les mêmes quartiers, dont les rues prennent le nom. Les marchands se multiplient, les lieux fortifiés ou ils s’arrêtent s’appellent des bourgs, et leurs habitants ne tarderont pas à être nommés les bourgeois, pour la première fois en 1007 en Anjou.

Les jeux de hasard et de dés sont très prisés car ils nécessitent peu de matériel, mais on joue également beaucoup aux dames, aux échecs et à la marelle. Les enfants s’amusent avec une balle, des billes ou des toupies. Les festivités les plus populaires sont évidemment les joutes équestres et les tournois,  La majortité des jeux sont mal vus par l’église qui voit en eux une manipulation du diable pour distiller des péchés capîtaux. Les banquets ou festins appelés « convivium » sont prisés, l’occasion pour les seigneurs de manifester leur richesse, de maintenir leur popularité et de renforcer la cohésion générale. C’est à cette occasion là que les informations se diffusent à la masse par les bardes et conteurs.

Le dimanche était chômé, ainsi que lors de fêtes religieuses, le travail de nuit était interdit et contrôlé. L’accroissement des échanges engendre la création de banques et de capitaux. Les groupes de brigands se multiplient sur les routes, et les commerçants doivent souvent voyager en groupe pour se protéger.

 

Les différents métiers

Le travail de la mine permet d’extraire du charbon et du minerai de fer. C’est un métier dangereux qui nécessite des charpentes pour boiser les tunnels et des piqueurs pour extraire la roche. Travail assigé aux esclaves et aux condamnés, seuls les riches et les seigneurs possèdent une mine. Concernant les métiers de constructions, il est courant que les fours soient construits au bord des forêts afin d’avoir sous la main rapidement le bois de chauffe.

Le travail du fer est essentiel, de nombreux métiers dépendent de ce matériau ; forgeron, serrurier, coutelier, artilleur, ferronnier, bijoutier, maréchal-ferrant, fondeur de cloche, etc.

Dans le domaine de la construction, on trouve les métiers du bois comme charpentier, fustier (menuisier), sabotiers, bucherons, etc., les métiers de la pierre comme carrier et tailleur, des tuiliers, chaumiers, platriers et des verriers.

Les métiers de bouches sont également présents ; boulanger, boucher, poissonnier, aubergiste, hôtelier, tavernier ou cabaretier.

Viennent ensuite les métiers liés au textile et à l’artisanat comme tanneur, blasonnier, cordonnier, gantier, relieur de livre, teinturier, drapier, tisserand, tondeur, tailleur, foulon, mercier, chapelier ou brodeur.

Enfin, il y a tous les métiers intellectuels et artistiques comme clerc, libraire, parcheminier, scribe, copiste, médecin, apothicaire, barbier, arracheur de dents, ménestrel, jongleur, conteur, orfèvre, etc.

 

 

L’économie

L’arsenal des taxes et des impots est multiple. Ils sont perçus par le suzerain direct (chatelain, vicomte) le seigneur du domaine (comte), ou le roi. Ce sont parfois les mêmes. Ils sont en argent ou en nature (soit en pourcentage de la récolte ou des biens, soit nn corvées).

Les vilains, ou hommes libres, sont soumis aux impositions suivants : Le cens, la dîme, et le champart. En outre, ils doivent payer les banalités et s’acquitter des corvées. Les serfs ne sont pas soumis aux impots mais doivent s’acquitter néanmoins de certaines redevances ou taxes. Ils doivent régler le chevage, sont soumis au droit de mainmorte et de formariage. Serfs et vilains doivent s’acquitter du fodrum.

Les marchandises qui transitent sont soumises à péage de différentes natures selon les régions, payables en nature ou en argent, quelquie soit la personne. Un péage pouvait être constitué n’importe où, en général sur un pont, entre deux provinces, un carrefour, etc. A l’entrée des villes pour se rendre dans les grands marchés, les mar’chandises sont soumises à l’octroi.

Le seigneur doit verser l’aide au roi des francs. Les plus pauvres qui ne peuvent subvenir eux même à leur subsistance ; le malade, l'infirme, le pèlerin, le vieillard, la veuve, l'orphelin ou la victime des crises, sont souvent exonérés d’impot. On les appelle « miserabiles personae », ou « pauvres fiscaux »

Il existe plusieurs types de monnaies n’ayant pas la même valeur. La pièce étalon, c’est la livre. Une livre vaut vingt sous, et un sou vaut douze deniers. Par conséquent il faut 240 deniers pour avoir une livre. Le denier est une pièce d’argent pesant 4 grammes, le sou pèse environ 40 grammes et la livre d’argent pèse 400 grammes. Mais l’essentiel du commerce local est fait d’échanges.

Battre la monnaie a toujours été un droit régalien, hormis pendant la période carolingienne et le début de la périose capétienne, où les seigneurs battaient également monnaie. Mais il fallait être riche pour le faire, car les mines de fer sont éloignées et rares, et il fallait des experts en monnaie afin de l’étalonner et la fabriquer.

 

Exemples de prix pratiqués en l’an mil.

1 pain                                  1 sou

Avoine (1tonne                     1 denier

Vache                                  2 sous

Palfroi                                 5 sous

Destrier                              50 sous

Casque                                5 sous

Épée                                   7 sous

 

Une étude estime a estimée qu’une ville de 20000 habitants consomme 8000 tonnes de céréales par an, ce qui correspond à une aire d’approvisionnement de 20 km de rayon autour de la ville.

Les banques existent depuis l’antiquité et pratiquent déjà les emprunts, les crédits, les prêts sur gage, les changes entre monnaies de différentes nations. A Rome elles pouvaient collecter l’impot, et le chèque était une pratique existante. Au début du moyen age, on observe une regression du systême bancaire à cause des grandes invasions et de différents interdits qui apparaissent. Interdit de prêt pour les religieux, interdit de spéculation sur les crédits, etc. L’expansion démographique et commerciale qui s’opère au début de l’an mil relance la nécessité d’avoir des banques et les échanges de monnaies.

 

 

Vie familiale et intellectuelle

 

L’éducation familiale et la vie quotidienne

Les rites familiaux sont nombreux. Dès sa naissance, l’enfant est baigné, puis baptisé. Dans certaines coutumes, le paysan pouvait être exempt de certaines redevances lorsque sa femme accouchait. L’église fini par s’opposer au consentement des parents pour les mariages, et s’y substitue en accompagnant les mariés dans différentes cérémonies.

La majorité légale est de 12 ans pour les filles et 14 pour les garçons. Avant 7 ans, les jeunes sont qualifiés de « infantia », et après ils sont dit « pueritia ». Une femme mariée est sous la dépendance de son mari pour les actes de la vie civile, sinon, elle le remplace en toutes circonstances. Les enfants les plus fortunés sont instruits, tandis que ceux du peuple travaillent à la ferme ou se consacrent à la formation religieuse. Les filles étaient souvent portées vers la médecine pour soigner les chevaliers blessés au combat.

Le costume reste à peu de chose près le même qu’à l’époque gauloise. Hommes et femmes portent un vêtement de dessous qui est la chemise « chainse » faite de lin, et par dessus une blouse serrée à la taille par un ceinturon appelé « bliaud ». Les hommes portent au dessous des braies ou des culottes qui s’arrêtent aux genoux. Un manteau parfois à capuchon et des chausses de cuir. La base des tissus est la laine tissée par les femmes.

La nourriture des paysans est essentiellement composée de céréales, d’herbes, de légumes et de pain. Mais les carences sont nombreuses et entrainent des maladies. Les plus riches complètent leurs repas avec du gibier, du poisson et des baies. Ceux-ci tentent de faire venir des épices, produits onéreux issus du commerce avec l’orient. Les trois aliments de base pour tout le monde est le vin, le pain et l’huile.

L’hygiene est très inégale entre les différentes classes. Le lavage des mains et du visage est courant, les inventaires témoignent de nombreuses mentions de bassines, curettes à ongles, oreilles et dents, pinces à épiler, etc. En revanche celui du corps dépend d’abord de la condition, rare parmi les pauvres, favorisant l’émergence de maladies. L’usage clérical par exemple ne prévoyait que deux bains par an et un rasage par trimestre.

 

Remèdes médicinaux

Si les documents sont nombreux, tous ne sont pas fiables et on trouve beaucoup de fausse médecine. Cependant, plusieurs ouvrages authentiques se sont répendus en occident et sont en parti utilisés comme base aux soins. Plus de 700 substances curatives d’origines végétales, animales et minérales provenant des études grecques sont ainsi répertoriées, ainsi que des recueils d’autres médecins arabes et romains.

La majorité des soins sont prescrits en fonction des saisons car on sait que les maladies sont liées à ce que l’on mange. On trouve une utilité pour presque tout, des vertus du beurre contre la toux, le choux contre les problèmes gastriques, le poireau contre la fièvre, etc. On conserve également tout un tas de substances pour soigner certains maux, comme la suie des cheminées, la corne de sabot de cheval, les écailles d’huitres, des minéraux, mais également des excréments d’animaux domestiques ou des produits d’animaux morts comme de la bave d’escargot, venin de serpent, etc. Parmi les pratiques médicales courantes, les saignées sont très prisées, ainsi que les lavements et les ventouses. Un dicton très populaire dit que « Mieux vaut tenter un remède incertain que de ne rien tenter ».

 

Croyances populaires

Le diable est la principale création du christianisme, et pourtant sa place était très limitée dans l’ancien testatement. Mais il est un élément commun à beaucoup de civilisations bibliques antiques et actuelles et est un contributeur incontesté à la chute de l’humanité et la corruption et l’immoralité. Il apparaît sous plusieurs noms ; Satan, Baal, Beelzeboul, le diable. Il est souvent accompagné de démons (femelle : succube, ou mâle : incube) ayant la faculté d’investir le corps de l’homme par le biais de la possession, transformant la voix et la personnalité du possédé et le précipîtant au sol dans d’atroces tourments.

Heureusement les saints protègent l’humanité du malin et n’hésitent pas à  se montrer, en réalisant des miracles presque tous les jours. Mais c’est surtout après leur mort, à travers leur relique, que les saints sont les plus aptes à réaliser les miracles.

Arthur est une illustre figure de Grande Bretagne, dont les légendes et les histoires fascinnent déjà la chevalerie française et que tentent d’imiter nombre de jeunes pages. Il fait son apparition au 9ème siècle et y est présenté comme un chef de guerre, vainqueur de la bataille du mont Badon, où il lutta vaillamment contre les Saxons en portant sur ses épaules une image de la Vierge Marie. Il réapparaît ensuite dans les Annales Cambriae du 10ème siècle.

Un bestiaire largement répandu décrit plusieurs créatures réelles et fabuleuses, douées de pouvoirs étranges. Les mythiques créatures comme le minautore, méduse, dracula, les loups-garous, et bien d’autres, sont déjà connues des croyances populaires.

 

La vie intellectuelle

La littérature est très rare, seuls quelques noms sont connus, il faut dire que l’invention du livre est récente. La plupart des écrivains sont des hommes d’église. L’activité intellectuelle vient surtout d’Angleterre et d’Irlande.

Ce sont les monastères qui renferment les principales bibliothèques, d’abord avec la Bible et des ouvrages destinés à la formation spirituelle du moine. Par la suite, elles s’étoffent et deviennent un signe de grandeur. Les moines sont chargés de voyager pour faire des copies d’ouvrages qu’ils n’ont pas chez eux dès le 8ème siècle. Le parchemin est un matériau qui demande une préparation laborieuse. Pourtant, le papier fut découvert très tôt par les chinois, mais les moines occidentaux gardèrent leurs habitudes.

L’histoire s’oriente essentiellement vers 3 directions : l’histoire universelle, avec la préoccupation d’y insérer Jésus Christ au centre, la chronique contemporaine et l’hagiographie. Il ne s’établie une chronologie universelle qu’au 6ème siècle, à partir de l’an 1, date de la naissance de Jésus, et de l’an 754, date de la fondation de Rome. Il y a de nombreux ouvrages traitant de l’histoire des peuples, puis l’époque carolingienne voit naître la mode des chroniques universelles et l’histoire des souverains, avec leurs généalogies. La langue dominante est le latin.

Ce sont les Arabes, qui, passionnés par les mathématiques, vont développer et transmettre à l’Occident leur travaux. On leur doit le système de numérotation, bien que celui-ci vienne en réalité des Indes, et les premiers ouvrages arithmétiques (9ème siècle). Les Arabes savent déjà opérer des calculs de fonction et extraire des racines carrés. Abbon de Fleury (vers 1000), laisse des opuscules sur le calcul, le cercle, la sphère, les poids et les mesures.

 

 

L’art médiéval

L’art médiéval est essentiellement chrétien. Dans toutes les cultures, la musique est bien souvent la forme d’art qui apparaît la première. Les rois Francs étaient de grands amateurs de chants liturgiques, et ils n’hésitèrent pas à faire construire des chapelles dédiées au chant. La musique médiévale fait de sensibles progrès grâce à 2 grands musicologues, dont l’un d’eux inventera les notes actuelles en remplacement des lettres de l’alphabet qu’avait mis en place l’autre un siècle plus tôt. Les orgues existent déjà à cette époque. Après l’excommunication du roi en 1001, sa nouvelle épouse fait amenée des troubadours à la cour, charmé le roi généralise leur venu et toutes les cours vont désormais les promouvoir.

Du 9ème au 14ème siècle, naissent une foule d’instruments qui vont donner du relief au chant (flûte, cornemuse, trompette, vielle, rebec, harpe, luth, lyre, psaltérion, rote, guitare, cithare, etc.). Ce nouveau lyrisme suscite le développement de la poésie (toujours chanté à cette époque). Il commence à y avoir de nombreux troubadours, qui vont de villes en villes, de châteaux en châteaux.

Les invasions barbares avaient anéantis presque tout le patrimoine de l’Empire Romain, mais sous Charlemagne, l’art religieux avait trouvé un nouveau souffle, dans lequel l’architecture fut prépondérante. On distingue 3 âges successifs dans cet art, le carolingien (9ème siècle), l’ottonien (au 10ème siècle) et le roman (au 11ème siècle). Avec l’art roman, les plafonds de bois sont remplacés par des plafonds en pierre, qui vont pouvoir tenir grâce à l’invention de la voûte, et du coup, les risques d’incendies diminuent fortement. Aussi, les murs doivent être très épais pour palier à ses défauts. Un plus tard, on mettra des piliers en place pour éviter de faire des murs trop épais. L’agencement des églises s’en trouve modifiée.

Le 11ème siècle, c’est aussi le début de la sculpture de la pierre. Avant, on en trouve en bois ou en ivoire. On ne parle toutefois pas encore de statues, mais de la taille de pierre directement dans les édifices. Quant à la peinture, elle n’existe pas encore et n’apparaitra qu’au milieu du 11ème siècle.

L’orfèvrerie est d’abord un art utile, à la fois guerrier et de prestige, pour lequel on paie les artisans réputés. L’orfèvrerie est présent partout, et jusque dans les couvertures des livres. La tapisserie est elle aussi un art utile destinée surtout à adoucir les rigueurs de l’hiver.

 

 

L’influence de l’église

Les croyances ont toujours été au centre de toutes les sociétés. Depuis la conversion de Clovis, l’église catholique a supplanté toutes les autres formes de religions dans les royaumes occidentaux, et rythme l’essentiel de la vie quotidienne de ces peuples. Son influence et son pouvoir n’ont cessé de grandir au fil des décennies, au point qu’une lutte d’influence permanente se livre désormais entre le pouvoir religieux et le pouvoir nobiliaire au cœur de tous les royaumes d’Europe.

Au moyen âge, la question de l’existence de Dieu ne se pose pas, la laïcité n’existe pas, et la condition de l’homme serf ou vilain vis-à-vis des seigneur est tout à fait naturelle, car voulue par Dieu. Etre chrétien, c’est faire parti de la société.

 

Organisation de l’église

Depuis le cinquième siècle, plusieurs milliers d’édifices religieux voient le jour à travers tout le royaume ; églises, cathédrales, abbayes, monastères…mais certaines ont déjà acquis une renommée et une influence nationale ou internationale. Tous les hommes d’église sont appelés des clercs et forment le clergé. On distingue deux types de clergé :

Le clergé séculier (cardinaux, archevêques, évêques, chanoines, curés, prêtres) : ceux qui vivent parmi les fidèles et qui relayent la parole de dieu, exclusivement masculins, ils ne peuvent pas se marier, ni travailler, ni faire la guerre, ni se livrer aux plaisirs des fidèles. Outre leur mission de dire la messe, ils peuvent remplir d’innombrables fonctions administratives ; rythme de la journée au son des cloches, justice, mariage, enterrements, sacrements, conseils politiques, adoubements…

Le clergé régulier (abbé, abbesse, moines et moniales) : Ceux qui vivent isolés au sein d’un monastère ou d’une abbaye en suivant une règle, passant leur temps entre la prière et le travail manuel et intellectuel, et vivant des revenus de leurs terres. Ils secourent les pauvres et soignent les malades, copient de nombreux ouvrages, accueillent les voyageurs, et surtout enseignent la lecture, l’écriture et les sciences.

 

Les abbayes les plus influentes

L’abbaye de Fleury (Orléanais), fondée en 620 par une petite communauté, prendra le nom de St Benoit après que les reliques de St Benoit y aient été transférées en 660. Elle est l’une des première à suivre la règle de St Benoit (bénédictin) et sera suivie par beaucoup d’autres. Elle acquière dès lors une grande notoriété et prospérité. Après les incendies provoqués par les Normands à la fin du 9ème siècle, l’abbaye est rebâtie et rayonne plus encore grâce à ses moines copistes, et reçoit du pape une charte d’exemption à la fin du millénaire. Les historiens, hagiographes et poètes y viennent de toute l’Europe.

L’abbaye de Cluny (Bourgogne), fondée en 910 par le comte Guillaume d’Auvergne, suit la règle de St Benoit, elle est consacrée directement par le pape, et ses moines ne sont plus soumis à aucune autorité en dehors du pape. Rapidement, elle est agrandie et acquière une renommée intellectuelle et économique très importante grâce à ses moines copistes. La charte est reconduite par tous les papes suivants, l’abbaye acquière le droit de frapper monnaie, n'est plus sous l’obédience de son diocèse, le chef de l’abbaye prend  le titre d’archi-abbé, des légats y sont envoyés pour la défendre de toute agression. Elle reçoit des dons de toute l’Europe, des monastères se placent sous sa coupe et sous sa règle, et commence à acquérir des possessions dans tous les royaumes d’Europe, formant ainsi un véritable empire monastique.

 

Abbayes importantes

L’abbaye de Ligugé près de Tours est sans doute la toute première de France, fondée en 361 par St Martin. Elle acquière rapidement une grande renommée dans toute la région et s’agrandit. St Martin devient évêque de Tours et son tombeau devient un important lieu de pèlerinage. L’influence de l’abbaye décroit à partir du 10ème siècle mais conserve une attention particulière pour les chrétiens.

L’abbaye du mont St Michel, fondée au 8è siècle par l’évêque d’Avranches, dédié à l’archange st Michel. L’ilot se fortifie avec le temps, le sanctuaire devenu abbaye s’enrichie considérablement et possède des prieurés en France, Angleterre, Italie et Bretagne, devient rapidement un lieu de pèlerinage.

L’abbaye de St Germain des prés à Paris, fondée vers 540 par Childebert pour y abriter la tunique St Vincent, elle devient la nécropole des rois Mérovingiens. Charlemagne la rend indépendante des autorités civiles et religieuses. Détruite lors des invasions Normandes, elle commence à être reconstruite en 990.

L’abbaye de la Madeleine à Vézelay, fondée en 858 par Girard de Roussillon, un fidèle de Louis le pieux, est déplacée au sommet d’une colline et s’entoure de solides remparts quelques années plus tard pour éviter les pillages normands. C’est un lieu de passage pour les pèlerins de St Jacques de Compostelle.

L’abbaye de Solignac, fondée en 631 par St Eloi, devient au fil du temps le berceau de l’orfèvrerie limousine et acquière une renommée nationale.

 

Les premières cathédrales

Les premières cathédrales sont édifiées à partir de 800, mais bien souvent au début ce sont les églises existantes qui sont élevées au rang de cathédrales. Elles sont de style roman, c'est-à-dire massives, petites et sombres, sobres avec des voutes en pierre, dont la forme est la croix du christ. Le style gothique n’apparait pas avant le 12ème siècle. Elles ne rivalisent pas encore avec les grandes abbayes, les évêques sont également bien moins influents et puissants que les abbés des grandes abbayes.