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La Gaule

 

Les peuples Celtes

Les Celtes sont un groupe d'environ 80 peuplades, elles-mêmes divisées en clans et tribus. Ils commencent à infiltrer la Gaule pendant le premier millénaire avant J.C. (époque de la Tène), émigrant par petits groupes et dominant les peuples vaincus sans les éliminer. Ils constituent ainsi des peuples mixtes, imposant leur langue et leurs coutumes.

Ce sont de grands éleveurs de porcs, d’excellents forgerons et de grands fabricants de bijoux, mais l’activité principale est l’agriculture, et la Gaule devient le vite le grenier de l’armée romaine. César avait installé les chefs de ses services d’approvisionnement dans 3 cités : Orléans, Mâcon et Chalon. Lyon est le centre romain de la Gaule, le principal port de débarquement était « Corbilo » (Nantes), l’axe Chartres Orléans paraît être le centre vital du pays, et le pays arverne abrite de grandes richesses car ce sont de grandes tribus guerrières.

Les Gaulois se rassemblaient très souvent à l’occasion de foires et de marchés (magus), dont nombre de villes portent la trace (Juliomagus/Angers, etc.). Ces foires avaient un rôle juridique car elles étaient l’occasion de tenir des assemblées politiques du pays, la plus importante était celle de Chassis (Neuvy en Sullias, à coté d’Orléans). Les croyances religieuses de l’époque tournent autour de lieux sacrés, les forêts, les sources, des tumulus, des cairns. Les prêtres étaient les druides, dont l’enseignement ne se transmettait que par oral (les écritures étaient interdites), et ils étaient les garants de l’unité des peuples celtes. Ils avaient de nombreux dieux, leur servant plus à expliquer les choses. Bien que pacifique, cette religion a également son coté barbare, rites sanglants et immolation de victimes humaines, sacrifices des prisonniers de guerre, etc.

L’autre classe d’homme sont les bardes, chargés de créer et de chanter des poèmes pour transmettre les récits et les légendes. Le seul mystère nous restant des gaulois, vient des alignements de pierres dressées. Les gaulois sont individualistes et enthousiastes, mais ont tendance à s’exciter facilement pour les injustices. Une pratique rituelle consistait à plier une épée à chaud et à la déposer dans la tombe de son guerrier pour que personne d’autre ne s’en serve.

 

Les apports étrangers

Dès -600, le peuple grec apporte l’alphabet via la ville de Massilia (Marseille), et son influence s’étend jusqu’en Bourgogne et en Champagne. Les guerres puniques opposant Rome et Carthage, dont l’enjeu est la domination de tout le bassin méditerranéen, engendrent le début de la conquête de la Gaule Cisalpine, suite à la défaite d’Hannibal en –202.

Vers -150, les Arvernes (Auvergne) imposent leur hégémonie aux autres peuples voisins. Les Grecs de Marseille craignent alors leur invasion et demandent de l'aide aux Romains, qui en profitent pour entreprendre la conquête du reste du pourtour méditerranéen, puis de toute la Gaule. Des coalitions se créent , en -52, la Gaule entière se soulève sous le commandement de Vercingétorix, mais il fini par déposer les armes. Le soulèvement pousse César à la dictature, il divise la Gaule en 4 provinces administratives. Le mode de vie romain s’impose aux gaulois, on entre alors dans 3 siècles de paix, la « pax romana »

Rome y créé une administration destinée tout d’abord à faire payer les impôts au peuples celtes : recensement, cadastre, notions de propriétés, création de charges publiques, mise en place d’une structure routière, suprématie des villes sur les campagnes, etc. Les deux capitales romaines en Gaule sont Lyon et Narbonne. Enfin, la religion gauloise est soumise à rude épreuve, de nouveaux cultes sont instaurés pour lutter contre les druides. Le latin devint une langue indispensable, des écoles s’ouvrent.

 

Les grandes invasions

Suite à la peste de 170 ainsi qu’à des guerres civiles opposant les chefs des armées aux usurpateurs, l’Empire romain commence à subir de nombreuses crises. Cela oblige les romains à passer des fœdus avec les peuples barbares pour que ceux-ci gardent les frontières. De plus, une certaine résistance se met en place quand l'empereur romain Claude interdit les druides. Avec la montée du christianisme, la crise s’accentue. Le pape nomme 7 missionnaires, qui vont évangéliser la gaule. Méthodiquement, le culte chrétien trouve ses fidèles, tout d’abord dans la clandestinité, puis remplace les anciens cultes, allant même jusqu’à construire ses églises sur les emplacement des anciens cultes païens pour mieux s’implanter dans les esprits. Beaucoup de noms de villages prennent même des noms tirés du langage chrétien.

Dès 235, les Barbares venus de l’est envahissent la Gaule ; Francs Saliens, Francs Rhénans, Burgondes, Alamans, Wisigoths, Ostrogoths, Vandales, et Rome est incapable d’y faire face. En 330, l’Empire romain se scinde en deux, Rome d’un coté et Constantinople de l’autre. La poussée des Huns à l’Est pousse d’autres Barbares en Gaule et en Hispanie, créant des conflits en profitant de l’absence d’autorité romaine. Des peuples s’imposent ; Wisigoths, Burgondes, Francs et Alamans. A partir de 486, Clovis attaque les romains à Soissons, puis il fait plier tous les autres peuples un à un, son territoire est alors à peu près équivalent à celui de la France actuelle. Les peuples conquis préféraient malgré tout la domination franque à l’asservissement romain. Le catholicisme auquel Clovis s’est converti donnait par la suite à tous ces peuples un repère moral commun.

 

 

 

La société franque

 

Les Francs conquièrent la Gaule

Lorsque Clovis devient roi des Francs en 481, il conquiert d'abord le royaume des Romains de Syagrius, à Soissons, entre dans Paris puis entreprend la conquête de la Thuringie avec l'aide de ses cousins, qu’il tue pour ne pas partager son royaume. Il se fait baptiser à Reims le 25 décembre 496, ce qui vaut à la France sa réputation de « fille aînée de l’église ». Il vient de créer la première entité politique cohérente française. Clovis est roi des Francs et des Gallo-Romains mais également roi des évêques, en 511 il fait réunir les pères conciliaires et leurs conseillers ecclésiastiques en un concile à Orléans. La fonction de maire du palais est créée, destinée à gérer un domaine, la loi salique est créée où les femmes sont exclues du partage des territoires. L’ensemble des autres peuples européens se converti au fil des siècles, les unifiant sous une foi commune reposant sur les saintes écritures et la tradition, dont la bible est la référence universelle et le pape en figure de proue.

 

Du droit et des institutions franques

La chute de l’empire romain a entraîné la fin de son système institutionnel, les Gallo-romains n’ont qu’un désir, s’assimiler au francs. Les noms des villes changent, seule l’Aquitaine devient indépendante. Les villes principales du royaume franc seront Paris, Orléans, Soissons, Reims et Metz. L’organisation administrative s’appuie néanmoins sur ce que Rome y a apporté; cadastre, services publics, poste, péages, taxes, etc., mais tout le système bureaucratique s’est effondré.

Depuis le baptême de Clovis, les rois des Francs sont consacrés par le pouvoir ecclésiastique, mais le pouvoir du roi n’est rien sans celui d’une aristocratie guerrière. Deux personnages sont essentiels, le référendaire qui exerce une fonction législative et promulgue les décrets royaux, et le trésorier royal. Il se développe ensuite une administration territoriale exercée par les comtes. Mais en général, ce sont les familiers du roi qui prennent en charge les affaires publiques. La gestion de l’état peut s’assimiler à une gestion parallèle des possessions personnelles du roi.

Le droit change profondément, il est personnalisé à l’individu et chaque peuple possède ses propres lois. En tribunal, la première question est : « quelle est ta loi ? ». Elles deviennent territoriales et façonnent les coutumes d’aujourd’hui, ainsi deux individus coupables de même crime sur un même territoire pouvaient être jugés différemment selon leurs lois. On admet l’idée que chaque faute peut être réparée avec un service rendu ou une amende en argent, tandis que le code pénal romain ne prévoyait que des sanctions (prison, exil, mort, etc.). Le droit civil franc lui, est fondé sur la famille, de la jouissance et du partage mutuel des époux et des enfants. Le père a quelques privilèges, mais ceux-ci sont invoqués dans un esprit de devoirs de protection et de sauvegarde. C’est un système de solidarité familiale dans lequel un accusé doit venir se disculper accompagné de 11 membres de sa famille en soutien. Les amendes sont infligées à toute la famille, la notion de patrimoine est très impliquée. Cette solidarité est aussi appliquée à des groupements, un nouvel habitant devait recevoir l’assentiment des habitants du hameau pour s’installer durant une période probatoire. Le culte des morts est très puissant, quelqu’un qui se rend coupable de la violation d’une sépulture est banni de la société. La peine de mort et les sévices corporels n’existent pas, sauf pour les esclaves.

 

 

Les expansions religieuses

 

L’Europe catholique

Le véritable élément d’unification entre tous les peuples est l’élément religieux. L’année de la mort de Clovis, lors du concile d’Orléans (511), 32 évêques étaient présent sur les 64, durant lequel ils prirent des dispositions pour établir leurs relations avec les seigneurs du royaume franc. L’église s’est appuyée sur le culte païens pour conquérir les peuples barbares, auquel elle a fait découvrir les trésors et les saintes écritures à ses fidèles. La carence du pouvoir central fait de l’évêque le chef de la cité. Devant l’accroissement  des fidèles, les évêques délèguent une partie de leurs pouvoirs aux simples prêtres. La paroisse rurale naît, avec le curé de campagne chargé de lire la messe. De nombreux monastères se fondent alors en Gaule, l’occupation principale des moines est le travail de la terre, la récitation des prières et des études. Avec les basiliques commence le règne de la couleur qui fait évoluer l’art.

Le clergé rempli 3 fonctions ; Magistère (enseignement de la doctrine), Ministère (confère les sacrements ; baptême, pénitence) et Administration (le clergé se créé une hiérarchie ; pape, évêque, prêtre, clerc inférieur, fidèles, puis cardinaux). Depuis 692, les prêtres portent un habit ecclésiastique sous peine d’excommunication. L’évêque commande sur son diocèse, et l’archevêque n’apparait qu’au début de l’époque carolingienne. Certains rois ont commencé à nommer eux même les évêques des évêchés manquant, comme Dagobert et Charlemagne. Au début, les évêques étaient des gens pauvres, et ne tenaient leur richesse que des héritages. Au cours des siècles, la condition du clergé s’améliora, grâce aux donations et à la dîme.

 

La méditerranée sarrasine

Le schisme d’Orient entre Rome et Constantinople, n’a pas eu que des raisons politiques et administratives, il a également eu quelques raisons religieuses. D’une part, la langue utilisée par le clergé d’Orient était le Grec, tandis que celle utilisée dans le clergé Occidental était le Latin. En Orient, les puissants utilisaient plus la religion pour servir leurs ambitions politiques. La rupture définitive eu lieu lorsque qu’à Constantinople, vers 850, le souverain éleva un laïc au rang d’évêque, contre l’avis du pape. Cet évêque par la suite organisa un concile et déclara l’église de Rome hérétique.

Dès 632, les successeurs de Mahomet (né à la Mecque en 571), les Khalifes, prêchèrent la guerre sainte, et l’expansion Sarrasine mis à terre plusieurs pays ; Arabie, Egypte, Syrie, Perse, Arménie, Afrique du Nord. L’Espagne fut envahie dès 700 avec une rapidité foudroyante, et les sarrasins y restèrent jusque vers 1500 malgré les résistances espagnoles. Ainsi, malgré toutes les qualités du Khalife d’Abdérame (912/961), le roi Léon le rejeta sur Tolède, mais quelque temps plus tard, le général des armées Al Mansour (vers 1000), écrasa les espagnols et regagna les conquêtes des chrétiens, détruisant Compostelle et Barcelone. Entre temps les sarrasins étaient devenus les maîtres de la méditerranée. Le commerce s’en trouva affecté. Le papyrus est remplacé par le parchemin, le trafic des épices est stoppé, etc.  Plus tard, le livre fait son apparition. L’occident se renferme sur lui même, la Gaule redevient alors un royaume presque entièrement agricole, massée derrière des remparts fortifiés. En Provence, les raids sarrasins vont continuer pendant les 9ème et 10ème siècle sur la cote. Les cités provençales sont ruinées, les évêques se réfugient ailleurs.

 

 

La société féodale

 

Le pouvoir change de main

La coutume franque du partage des biens n’est pas faite pour favoriser l’expansion du royaume à cause des conflits internes. A la mort de Dagobert (639), le royaume est à nouveau divisé, débute alors les règnes des rois Fainéants. On explique la chute de la dynastie mérovingienne par le manque d'accroissement des richesses des Rois ; il n'y a plus de victoires militaires, donc plus de butins. L’argent est donné aux nobles en échange de leur fidélité, les impôts rapportent moins à cause de révoltes et de détournements de fonctionnaires corrompus. Les richesses des comtes qui administrent les territoires s’accroissent.

Les luttent de pouvoir s’installent à travers les maires de palais. Eux qui n’étaient que de simples intendants finissent par passer à l’aristocratie et détiennent un grand pouvoir. Pépin de Herstal, maire de palais d’Austrasie, remporte des victoires contre les Alamans, obtient le soutien du pape et installe ses pions comme maire de palais de ses conquêtes. Un de ses fils bâtard, Charles Martel, permet la succession de la dynastie à la tête du royaume grâce à ses victoires sur les Sarrasins en 732 à Poitiers, et pour avoir su réprimer des soulèvements. En 751, son fils, Pépin le Bref, se fait élire roi. A sa mort, son fils Charlemagne entreprend d’agrandir le royaume du pape.

 

Charlemagne instaure un état

Tandis que le Sud de la France doit faire face aux sarrasins, le reste du royaume retrouve son unité sous Charlemagne, devenu roi de Lombardie, protecteur de Rome et roi des Francs, Il reconquière des domaines entiers, repousse les Saxons et marche sur l’Espagne. Devenu le seigneur le plus puissant d’occident, il est couronné Empereur en 800, dès lors, il créé une notion d’état pour la France. Durant l’empire, Charlemagne n’a pas substitué un système nouveau à celui existant, il instaure cependant de nouvelles institutions pour faire respecter sa volonté. Les missi dominici contrôlent les administrations fiscales, reçoivent les plaintes et revoient les jugements qui auraient été mal rendus. Il instaure des ducs et des marquis et réunit chaque année ses fidèles en assemblée, c’est le plaid. Suite à cette assemblée, l’empereur rend des décisions politique, administratives et militaires dans des capitulaires.

Le traité de Verdun de 843 qui divise l’empire de Charlemagne en trois est le point de départ de la constitution de futurs états européens d’aujourd’hui, et donc de nombreuses guerres européennes. Les fonctionnaires de Charlemagne rendent héréditaires leurs charges dans leur circonscription, établissant la future caste de la noblesse, mais qui affaibli le pouvoir royal. Un nouvel ordre social se met alors en place, la Féodalité, qui sera confirmé par le Capitulaire de Quierzy en 877. Après Charlemagne, ce ne seront plus les lois qui détermineront les supplices à faire subir aux criminels, mais la cruauté des seigneurs.

 

Les villes se fortifient

Les pirates scandinaves menacent le royaume franc dès 885, ils mènent des raids passagers et arrivent à Paris après avoir détruit et pillé les villages placés sur le bord des fleuves. Les seigneurs sont plus que jamais capable d’assumer seuls la défense de leurs domaines et gagnent en indépendance. Des tours de guet surveillent les vallées pour prévenir des attaques sarrasines du Sud, des Hongrois de l’Est, et des Normands d’un peu partout. Le château n’est souvent qu’une construction en bois, habité par le seigneur, mais ils sont les prémisses des grand châteaux féodaux du 10ème siècle dont le rôle est d’assurer la défense locale et de permettre aux habitants de trouver un refuge en cas d’invasion.

 

Les bases de la féodalité se mettent en place

Dans l’antiquité, la terre était cultivée par des esclaves, mais sous l’ère chrétienne, l’esclave devient un serf, considéré comme une personne à part entière, pouvant fonder une famille et posséder une terre et une maison. Mais s’il n’a pas le droit de quitter sa terre, on ne peut pas non plus la lui enlever, tandis que la terre d’un homme libre est révocable. Or, la seule richesse est la terre, car le commerce est considérablement réduit à cause de la domination sarrasine en méditerranée. La seule circulation qui subsiste concerne les denrées commerciales indispensables, le sel et le vin. A coté de cela, un certain trafic par voie d’eau concerne les tissus et les orfèvreries venus d’orient, destinés aux notables et aux églises. C’est un système quasiment autarcique, concentré autour d’une cité, souvent un lieu fortifié.

Certaines terres sont cédées à ceux qui choisissaient de rendre service à leur seigneur, tels les cavaliers, qui en avaient besoin pour se payer leurs équipements. Ces terres deviennent des fiefs, et son détenteur devient le vassal du seigneur, qui prête serment de fidélité sur l’évangile. C’est la cérémonie de « foie et hommage », à la suite de laquelle le seigneur remet à son vassal un bâton, un rameau, une motte de terre ou tout autre chose qui représente son fief. Le rôle du vassal se résume alors en deux mots ; conseil et aide. Il doit assistance de ses armes et est soumis à la taille et à des droits seigneuriaux tels que les banalités. Les hommes libres passent un contrat appelé « précaire » avec le propriétaire pour pouvoir l’exploiter, contre une compensation, prémisses des redevances et des corvées féodales. Les paysans libres, les vilains ou les manants, sont soumis comme les serfs, à des impôts.

Les deux caractéristiques essentielles de la féodalité sont l’hérédité de la propriété foncière qui donne au vassal des obligations militaires et judiciaires envers le suzerain, et la hiérarchie entre les maitres du sol que l’hommage et la foi rattachent les uns aux autres.

La chevalerie, bien que d’inspiration religieuse, est une institution civile, de même qu’elle est guerrière dans ses actes, et sainte dans ses objectifs. Née en France sous les premiers capétiens, elle est au départ fermée et aristocratique, les conditions pour y accéder sont rigoureuses. Ce n’est que vers la fin du 11ème siècle que cette corporation devint une confrérie religieuse et que les rois devinrent également chevaliers.

 

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